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Les pelouses sèches

Pelouse sèche de l'Esseillon

Les pelouses sèches qui parsèment nos coteaux sont l'héritage de très anciens débroussaillements. Ces espaces ouverts ont été pâturés et cultivés au fil des siècles. Ces coteaux souvent pentus, difficilement mécanisables, ont subi les conséquences de la déprise agricole et ont peu à peu été abandonnés et gagnés par les boisements. Les secteurs du département les plus riches en pelouses sèches sont situés sur les versants exposés au sud des massifs des Bauges, de Chartreuse et de la chaîne de l’Epine. Les adrets des vallées internes de Maurienne et de Tarentaise hébergent aussi des pelouses sèches d'un type particulier : les pelouses steppiques.

Le terme "pelouse sèche" est utilisé pour les pelouses proprement dites : des formations végétales dominées par un tapis d'espèces herbacées de faible taille, mais aussi les secteurs où les dalles rocheuses affleurent et qui sont colonisées par des plantes grasses comme les orpins, les petites plages de terre nue où fleurissent les espèces annuelles, les buissons riches en espèces épineuses (églantiers, aubépines), jusqu'aux boisements où s'installe le chêne pubescent sans oublier les lisières colorées par les floraisons du géranium sanguin et de diverses ombellifères. Le tout forme une mosaïque complexe en perpétuelle évolution et qui est parfois nommée "garide".

Ophrys mouche

Circaète Jean-le-Blanc

Elles continuent de disparaître lentement sous l'avancée des boisements de l'urbanisation et parfois de la viticulture. Dès 1992, le Conservatoire s'est engagé dans leur préservation dans l’Ouest du département, sur des petits sites à Lucey, Challes-les-Eaux et Montmélian. La participation à un programme LIFE "pelouses sèches relictuelles" piloté par la Fédération des conservatoires d’espaces naturels a créé une opportunité pour s'engager sur d'autres sites à Billième, Yenne et Brison-Saint-Innocent. De même un partenariat avec le Parc naturel régional du massif des Bauges a permis d'initier la protection de pelouses sèches sur les communes de Curienne et de Cruet. Depuis 1999, le Conservatoire s'est engagé également au côté du Parc national de la Vanoise sur la gestion de pelouses steppiques sur les communes d'Aussois et d'Avrieux.